Analyse Préliminaire des Risques : intérêt et méthodologie

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L’Analyse Préliminaire des Risques (APR) est une méthode d’analyse déductive qui vise à repérer et évaluer les dangers dès les premières étapes de conception d’un système, d’un produit ou d’un processus. Son objectif principal est d’identifier en amont les situations dangereuses potentielles, afin de définir des mesures de sécurité, des exigences à respecter ou encore des dispositions de prévention et de protection. L’APR permet ainsi soit d’éviter la survenue de ces situations, soit d’en réduire les conséquences.

Les bénéfices de l’APR

L’APR joue également un rôle structurant dans la conception des systèmes. Elle sert de guide pour orienter le développement des systèmes et préparer des analyses plus détaillées qui seront menées ultérieurement. Réaliser une APR dès le début d’un projet permet de minimiser les coûts liés à d’éventuelles modifications, d’assurer la conformité aux normes de sécurité et de réduire le risque d’accident. Elle contribue ainsi à renforcer la maîtrise globale de la sûreté de fonctionnement, notamment sur l’aspect sécurité, en préservant les personnes, les biens et l’environnement.

Les secteurs d’activité et le rôle de l’APR dans le cycle de vie

L’analyse préliminaire des risques est utilisée dans de nombreux secteurs où la sécurité et la fiabilité sont essentielles. On la retrouve notamment dans l’industrie, le secteur ferroviaire, l’automobile, l’aéronautique ou encore le nucléaire.

L’APR doit être effectuée, ou du moins entamée, au début du cycle en V du système, idéalement lors de la phase d’expression du besoin, afin d’acquérir une vision globale sur les enjeux de sécurité qu’il faudra approfondir et traiter dans des phases plus avancées du cycle en V.

L’APR doit également être mise à jour à chaque modification qui touche au fonctionnement du système ou de son environnement (changement de périmètre ou d’évolution technologique).

L’APR sur un cycle en V

Les contextes d’utilisation d’une APR

Une APR peut être conduite dans différents contextes : elle permet de consolider les exigences d’un nouveau système en analysant ses fonctionnalités ou ses cas d’usage, de confirmer que les exigences de sécurité d’un produit sont respectées tout en délimitant ses limites d’utilisation, et d’identifier les risques liés au déploiement d’une innovation technologique.

Les étapes de la méthode APR

L’analyse préliminaire des risques est constituée de plusieurs étapes 

Définition du périmètre de l’analyse

Dans une APR, la première étape consiste à définir précisément le périmètre de l’étude. Cela implique de cadrer l’objet analysé (système, sous-système, équipement ou processus), de préciser ses interfaces avec l’environnement, ses conditions de fonctionnement et ses limites.

Le recensement des évènements redoutés, des dangers et des situations à risque

Une fois ce périmètre établi, on s’attache à recenser l’ensemble des événements redoutés ou accidents. Un accident correspond à un événement ou à une série d’événements inattendus pouvant conduire au décès, à des blessures, à la perte d’un système ou d’un service, ou encore à des dommages sur l’environnement.

Vient ensuite l’identification des dangers et des situations dangereuses. Un danger est une condition ou un état pouvant conduire à un accident (par exemple une température excessive, une substance inflammable ou une vitesse élevée). Une situation dangereuse décrit le contexte dans lequel ce danger peut se matérialiser et donner lieu à un événement redouté. L’analyse consiste à comprendre comment un danger peut évoluer en accident, quelles en sont les causes et dans quelles circonstances il peut survenir.

L’estimation du risque

À partir de ces éléments, on procède à l’estimation du risque. Le risque se définit comme la combinaison de la fréquence attendue d’une perte (probabilité d’occurrence) et du degré de gravité des conséquences associé. Les résultats peuvent être représentés dans une matrice de criticité qui permet de hiérarchiser les risques identifiés.

Exemple de matrice de risque (issue de la norme EN 50126-1, V2017)

La définition des mesures de réduction de risques

L’étape suivante consiste à identifier des mesures de réduction des risques. On examine d’abord si la conception du système intègre déjà des dispositions permettant de se prémunir contre l’événement redouté. Si ce n’est pas le cas, des mesures supplémentaires sont proposées afin d’éliminer le danger, de réduire la probabilité d’occurrence et/ou de limiter les conséquences. L’approche doit rester systématique et structurée afin de garantir que tous les événements redoutés ont bien été évalués et traités.

La boite à outils d’une APR

Plusieurs outils soutiennent la réalisation d’une APR : le brainstorming, qui favorise la compréhension collective du système et de son environnement ; la matrice de criticité, qui classe les risques en fonction de leur gravité et de leur probabilité ; ainsi que les normes et standards de sécurité, qui fournissent des méthodes et des recommandations éprouvées.

Conclusion

L’Analyse Préliminaire des Risques est une étape importante de la gestion des risques. Réalisée en amont, elle permet d’orienter la conception vers des solutions plus sûres et d’anticiper les mesures de réduction des risques nécessaires. Elle est particulièrement utile dans les secteurs à forte criticité comme l’industrie, le ferroviaire, l’aéronautique, l’automobile ou le nucléaire.